Anecdote de voyages #5 : Envahis par des bêtes dans la chambre d’hôtel

ANECDOTE

On continue la série des anecdotes de voyages et on peut se le dire, je me serais bien passée de vivre cette dernière.



Mes précédentes anecdotes :
Anecdote #1
Anecdote #2
Anecdote #3
Anecdote #4


Le contexte

Cette anecdote s’est déroulée lors de mon premier séjour au Sultanat d’Oman.  Nous avions commencé un périple depuis la capitale Mascate, et avions loué une voiture afin de visiter plusieurs villes en y passant quelques jours à chaque étape. Notre trajet nous a amené ce soir-là dans un camp dans le désert. Nous souhaitions vraiment vivre cette expérience. Le programme était de dormir au sein d’un camp et d’y faire des activités le lendemain avant de reprendre la route. Nous avions choisi pour cela le Arabian Oryx Camp.

Les prémices

Le début fut mi-figue mi-raisin : le camp au milieu du désert (enfin c’est ce qu’on croyait), n’était accessible que par 4×4. Il était convenu qu’un membre du  personnel de l’hôtel vienne nous récupérer à une heure précise à un point de rendez-vous dans une station-service qui se trouvait à l’entrée du désert. Généralement, les clients  n’ayant pas de 4×4 pour se rendre directement dans le camp, garent leur véhicule à ce niveau, sans risque de vol, le sultanat étant très sécurisé.

 Malheureusement, le temps que nous avons mis pour nous rendre à ce point de rendez-vous a été plus long que prévu. On est arrivés très en retard et le chauffeur de l’hôtel était parti. Je précise qu’on n’avait pas pris de puce téléphonique locale et qu’on ne pouvait prévenir l’hôtel de notre retard. On avait cependant envoyé un email juste avant de prendre la route.
Arrivés à la station-service, on est entrés dans sa supérette pour demander au gérant s’il pouvait nous aider en appelant le camp. Par chance, il connaissait très bien le propriétaire du camp. Il s’est entretenu avec lui et nous a indiqué qu’une personne est en chemin pour venir nous chercher.

Dès que le chauffeur s’est présenté, nous nous sommes bien sûr excusés. Mais, l’accueil fut froid. Il a ouvert le coffre du 4×4 et a regardé mon frère soulever les valises sans lui donner un coup de main… 

Enfin au camp, le chauffeur s’est garé dans le parking. Comme précédemment, il n’a pas pris la peine d’aider mon frère à sortir les valises du coffre. Il nous a conduits ensuite à l’accueil où nous attendait le propriétaire. Tel un parrain assis sur sa chaise derrière un bureau posé sur une sorte d’estrade, il nous a regardés de manière suspicieuse un long moment. Puis, Il a rompu son silence en nous demandant ce qu’il s’est passé. On lui a relaté les faits en s’excusant du retard. Il a acquiescé et laissé la parole à l’un de ses employés pour nous expliquer le fonctionnement du camp et les activités proposées.

On nous a amené après cela dans nos quartiers : une petite maison composée d’une chambre et d’une salle de bain, le tout bien agencé et au décor simple mais correct. Cependant, ce n’était que l’arbre qui cachait la forêt comme on dit.
ANECDOTE ANECDOTELa nuit de l’horreur

Le bon point de cette soirée a été l’excellent dîner et la soirée typiquement omanaise dans une tente traditionnelle, avec le café à la cardamome accompagnée de succulentes dattes.  
Après ces festivités, épuisés, on est retournés dans notre maison pour y passer une bonne nuit qu’on espérait réparatrice.
ANECDOTE
Je me suis dirigée vers le lit douillet pour feuilleter le « Oman off Road » pendant que mon frère est allé prendre sa douche. J’ai défait le lit pour m’y installer et j’y ai vu un insecte sur le drap ! Aussitôt, n’ayant pas envie de le tuer, je me suis saisie d’un verre pour le piéger. Malheureusement, ce n’était que le début…

Je lève mes yeux vers le plafond et je vois une petite bête ressemblant à une coccinelle. Elle marchait sur le mur, s’envolait, se posait de nouveau etc. Puis, j’en ai aperçu une deuxième, une troisième, une quatrième…et de plus en plus ! 
J’ai alerté mon frère que l’on se faisait envahir par une armée de « coccinelles ». Il ne prenait pas trop au sérieux ce que je lui disais n’ayant pas fini de prendre sa douche et pensant que j’exagérais avec ma phobie de ces petits monstres d’insectes. Quand il est sorti de la salle de bain, il s’est rendu compte de l’étendue des dégâts.
 Il y en avait sur les murs, le sol, nos valises…

A contre cœur, on (enfin il) a commencé à les tuer avec nos chaussons. J’avoue…je lui ai laissé accomplir le sale boulot ! Mais, c’était sans fin, de nouvelles guerrières remplaçaient celles mortes au combat.
 Dans cette frénésie, mon frère a ouvert la porte pour mettre dehors la bête que j’avais piégée dans le verre. Quelle grosse erreur ! Dès qu’il a ouvert celle-ci, un criquet a pénétré dans la chambre se mettant à voler partout ! Il a immédiatement fermé la porte ! On constata alors que la porte de la chambre avait des espaces qui permettaient aux insectes de passer sans problèmes.
 Moi, nerveuse et effrayée je me suis réfugiée dans la salle de bain,  laissant seul mon frère affronter ce cauchemar. Le criquet a fini par se poser et mon frère  a réussi à le chopper. On a bouché tous les espaces de la porte avec des mouchoirs pour que plus rien ne puisse pénétrer dans la pièce. A notre grand agacement, on s’est aperçu que d’autres bêtes continuaient à entrer. Il y avait d’autres trous au niveau des petites fenêtres de la chambre. On a rempli les fentes avec des mouchoirs là aussi. Cette belle chambre en apparence était truffée de défauts, sauf si vous appréciez partager votre nuit avec des insectes.

Mon frère termina le massacre des pauvres petites « coccinelles » et les mis en partie dans un verre pour les montrer et s’en plaindre le lendemain au propriétaire du camp…

On a inspecté nos lits, le sol, la salle de bains pour s’assurer qu’il n’y avait plus rien. On a finit par s’allonger aux environs de 3h ou 4h du matin. Je me suis couverte comme jamais pour que rien ne m’atteigne et j’ai eu vraiment du mal à trouver le sommeil. Mais, la fatigue de la route et des activités de la journée ont fini par me pousser dans les bras de Morphée.

Le lendemain matin, on s’est levés tant bien que mal : cette nuit d’horreur nous ayant fait nous coucher très tard. On s’est préparés pour prendre notre petit-déjeuner. Sur le chemin, on a pu voir à quel point l’hôtel était loin d’être bien enfoncé dans le désert. On était très loin de l’image des dunes immaculées à perte de vue.
ANECDOTEPour approfondir notre déception, les portes de la salle du restaurant étant ouvertes, des mouches se posaient sur les aliments froids et sur nos plats une fois à table. Ça a été la goutte d’eau et je n’ai quasiment rien mangé ! On est retournés dans notre chambre pour prendre une douche et boucler nos valises. A 11h précise, un employé est venu frapper à la porte nous sommant de quitter la chambre car il était l’heure de la rendre. Nous n’avions pas vu l’heure et pensions pouvoir quand même avoir le temps de profiter de quelques unes des activités que proposaient le camp : dune bashing, sandborder, balade en chameau… Mais, de toute façon le cœur n’y était vraiment plus.

En quittant la pièce, j’ai pu observer un insecte qui entrait par une petite fente de la fenêtre. Je me suis dit « Il est vraiment temps que l’on se sauve de ce camp ! ».
A l’accueil, la personne qui nous avait présenté les activités de l’hôtel la veille s’est s’occupée de notre check-out. On en a profité pour lui montrer le verre rempli d’une partie des insectes. L’employé à côté de lui a esquissé un sourire et un petit rire moqueur… Il s’est excusé du désagrément et nous a expliqué que “nous sommes dans le désert et que ce sont des choses qui arrivent. Les femmes de ménage vérifient qu’il n’y ait rien le matin”. Really…?! Des chambres avec des trous dans les murs et sous la porte, dans lesquels les insectes circulent. Dans ce cas autant dormir à la belle étoile ça coûterait moins cher.
ANECDOTEMon ressenti global

C’est la pire expérience hôtelière que j’ai vécue ! J’en garde un très mauvais souvenir. J’ai réellement perdu du temps, de l’argent et la possibilité de visiter davantage une autre ville si on savait que ça aller être comme cela. On est tombés sur une chambre mal isolée mais je ne pourrais affirmer qu’elles étaient toutes dans cet état. Chaque expérience étant différente, vous pouvez, bien entendu, vous faire la vôtre. Effectuez des recherches sur les avis voyageurs récents sur Booking ou Tripadvisor. Les choses ont, je l’espère, changé. Il existe d’autres camps qui semble-t-il proposent une offre de meilleure qualité.


Certaines personnes qui liront cet article diront sans doute que nous sommes trop attachés à notre confort de ville et qu’on n’aurait pas dû se rendre là-bas avec cette façon de penser. Mais, je tiens à dire que j’ai déjà passé une partie de la  nuit dans le désert en Égypte, et que ça n’avait strictement rien à voir. Ce fut un moment inoubliable, dans le bon sens du terme.
Puis, c’est un camp qui se veut d’un certain standing qui se paye plus cher. Sachant que ces insectes du désert grouillent la nuit, une isolation optimale des maisons est primordiale.

Co-écrit avec Les réfléxions d’Amad.

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